Dans le sud de la France, il y a des paysages à couper le souffle, une lumière que beaucoup nous envient… et il y a Nathalie Nencioni. Sous ses airs réservés et son petit accent qui chante, cette photographe de mariage nichée au cœur de la Provence raconte des histoires d’amour en délivrant des images prises à la volée, pleines de sens, et qui vous ressemblent. Elle photographie principalement des mariages dans le Var et en Provence, pour des couples qui recherchent une approche humaine, discrète et naturelle. Voici son portrait.

Nathalie, peux-tu nous parler de ton parcours ? Tu mentionnes avoir eu une première vie professionnelle avant la photographie – qu’est-ce qui t’a menée vers cet univers ?
A 18 ans et demi, je rentre dans la fonction publique territoriale. En parallèle, j’aime prendre plein de photos : des moments en famille aux soirées entre amis. Un jour, j’ai mon propre appareil photo, un compact et je m’aperçois que je peux passer des heures à photographier des paysages, chercher la meilleure lumière, le meilleur cadrage.
En 2012, les responsabilités en mairie se sont intensifiées, j’apprécie mon poste d’assistante du maire mais je ressens aussi de plus en plus le besoin d’exprimer ma sensibilité et ma créativité. La photo m’appelle et me permet de trouver un équilibre.
Ma soeur me pousse alors à m’acheter un “vrai” appareil photo pour vraiment m’éclater. Je choisis sur les conseils d’un pro un Canon EOS 7D, objectif 18-135mm. Je découvre aussi Lightroom et le post traitement et ses infinies possibilités.
Des copains photographes me donnent plein de conseils, je tombe amoureuse du 50mm et commence à faire quelques portraits. Je montre mes photos sur une page Facebook et les demandes de séance famille/grossesse/naissance de la part des collègues de bureau arrivent avant un premier puis un 2e petit mariage.
J’y ai pris goût et choisi de faire les choses de manière officielle. En 2022,après 24 ans de carrière, je ne suis plus du tout alignée avec mon emploi en mairie, je décide de prendre une dispo pour me consacrer entièrement à la photo. C’est la meilleure décision de ma vie.
Tu es basée aux Arcs‑sur‑Argens, au cœur du Var. Comment cette région influence‑t‑elle ton travail et ton style photographique, notamment pour les mariages ?
Le Var a de multiples facettes : des plages, des étangs sauvages, les roches rouges de l’Estérel, les campagnes et oliveraies, les vignes, les grandes forêts et pinèdes, le Haut Var et ses champs de lavandes, sans compter les gorges du Verdon. C’est un terrain de jeu extraordinaire pour les mariages en Provence, parce qu’on peut passer d’une ambiance bord de mer à un décor de village provençal ou de domaine viticole en quelques kilomètres.
J’aime le côté nature sauvage, les fins de journées avec une lumière douce, les reflets rose orangés dans un ciel légèrement nuageux. Pour rendre justice à ces paysages et à ces mariages dans le Var, j’ai choisi un style lumineux, naturel et intemporel, sans effets de mode. C’est ce qui me correspond le plus et ce qui, je crois, parle aux couples qui viennent se marier ici.
Ton approche semble très axée sur l’authenticité et le naturel. Comment arrives‑tu à créer cette complicité avec tes couples pour obtenir ces moments vrais, surtout avec ceux qui n’aiment pas poser ?
Je suis juste moi‑même. Quand j’ai commencé en mairie, j’étais très, très timide. Passer dix ans en première ligne à l’accueil m’a obligée à sortir de ma carapace, à être à l’aise avec tous types de personnes, à écouter. Aujourd’hui, cette expérience nourrit énormément ma façon d’accompagner les couples qui viennent se marier dans le Var.
Je suis aussi hypersensible, avec beaucoup d’empathie. Au début, je vivais ça comme une faiblesse, et maintenant j’en fais une force. Ça m’aide à sentir quand il faut rassurer, quand il faut faire une blague, quand il faut juste se taire et laisser vivre un moment.
Je leur dis souvent : “Considérez‑moi comme une copine un peu perchée qui vient passer un moment avec vous en mode paparazza.” Ça détend tout de suite l’atmosphère. Beaucoup de mes mariés n’aiment pas poser, n’aiment pas être au centre de l’attention : mon rôle, c’est justement de leur prouver qu’on peut avoir de belles photos de mariage en Provence sans jamais se sentir forcés


Quel est ton matériel de prédilection pour les mariages ? As-tu des objectifs fétiches pour ce type de reportage ?
Au fil du temps, j’ai remplacé mon Canon EOS 7D par 2 Nikon 750D (merci cher Mentor !). Côté objectifs, j’ai récemment troqué mon 50 mm pour le 85mm. Je travaille ainsi avec un duo 35 mm et 85mm. En cas de besoin, j’ai toujours mon 50mm et un 24-700mm sous le coude au cas où.
Pour les soirées, j’ai aussi un flash cobra monté sur chaque boîtier. Je n’aime pas trop bosser avec des flashes, je préfère largement la lumière naturelle. Ceci dit, en soirée, c’est nécessaire pour obtenir des images nettes et lumineuses lorsque tout le monde se lâche sur le dance floor.
La lumière provençale est réputée exceptionnelle. Comment l’exploites-tu tout au long d’une journée de mariage ?
Elle est exceptionnelle c’est vrai. Je préfère la lumière de fin de journée, plus douce, enveloppante. Je propose à mes clients de programmer les séances photo environ 1h30 avant le coucher de soleil, ça laisse suffisamment de temps pour que chacun se sente à l’aise.
Lors des mariages, je propose de faire la séance photo de couple dans les mêmes conditions. Si ce n’est pas possible, je choisis l’ombre des arbres pour la filtrer. J’aime aussi jouer avec le contre jour.
A quelques occasions, je réalise aussi des séances de bonne heure le matin avant que la lumière ne devienne trop dure.


Tes clients mentionnent souvent ta discrétion et ta capacité à te fondre parmi les invités. Comment construis-tu cette approche « témoin silencieux » ?
Je me cache derrière mon objectif !! Je suis une personne réservée, je n’aime pas être sur le devant de la scène. C’est donc naturellement que je me faufile discrètement parmi les invités pour pouvoir photographier à la volée.
Cela me permet d’avoir beaucoup d’images vraiment spontanées. De plus, le 85 mm me permet de photographier de loin, sans déranger une conversation, un éclat de rires.
Le Var offre des décors variés : entre mer, vignobles et villages perchés. As‑tu des lieux coup de cœur pour tes séances couple et mariages ?
J’ai une vraie préférence pour le côté terre, forêt, vignobles, les domaines et les villages. J’aime jouer avec la nature, les feuillages pour créer un cadre, un peu de flou, et raconter l’ambiance du lieu. Dans le Var et en Provence, j’ai eu la chance de photographier des mariages au Domaine du Planet, au Domaine MP, au Domaine de la Castelette, au Domaine de Fontainebleau, au Château Saint Julien d’Aille, ou encore au bord du Lac de Sainte‑Croix pour un elopement. Chacun de ces lieux a une atmosphère très différente, mais tous ont en commun une lumière superbe.
Les petits villages sont aussi un terrain de jeu très agréable. Récemment, j’ai réalisé une séance fiançailles dans les ruelles du village d’enfance de la future mariée. Au détour d’une fontaine, d’une placette, elle nous racontait ses souvenirs de vacances avec ses grands‑parents. Ce sont ce type de lieux, chargés en émotions, que j’adore photographier.


Comment gères-tu les couples qui se disent « pas à l’aise devant l’objectif » ? As-tu des techniques particulières ?
J’aime échanger avec eux avant la séance, je leur envoie aussi un questionnaire pour apprendre à les connaître. Ces réponses me permettent de savoir quels sont les sujets de conversation à privilégier.
Le jour J, on balade pour trouver le meilleur spot, on en profite pour papoter. Je trouve que le mouvement est l’une des meilleures astuces pour “dérider” le corps.
Ensuite, je les guide, je leur suggère des interactions “enlacez vous”, “marchez main dans la main”.. et en fonction des personnalités je varie les interactions. Je ne force jamais les choses.
Je demande toujours s’ils sont à l’aise avec telle ou telle suggestion. Le plus important pour moi, au delà du fait que les personnes se sentent bien, c’est que les images leur ressemblent.
Considérez moi comme une copine un peu perchée qui vient passer un moment avec vous en mode paparazza
Tes témoignages parlent beaucoup de ton côté humain et bienveillant. Comment arrives-tu à créer cette relation de confiance dès le premier contact ?
Je me mets à leur place. Passer devant l’objectif peut être un exercice intimidant même si l’on a envie de s’offrir une séance/reportage photo. Je les écoute, je les questionne pour bien comprendre leurs envies, besoins. Je reformule pour être sûre d’avoir bien compris.
De nos jours, notre vie peut se gérer à coup d’applications, de courses et de démarches administratives en ligne. Cela donne la sensation de n’être qu’un identifiant, un numéro.
Ma démarche est l’exacte opposée. Je connais les prénoms de mes clients, on se tutoie, je m’intéresse sincèrement à eux, à leur problématique. Se sentir important les aide aussi à se sentir en confiance.


Tu proposes aussi des séances portrait et famille. Ces expériences nourrissent-elles ton approche des mariages ?
Oui. Les séances photo de couple/famille/portrait sont comme des extraits d’un mariage. Nous sommes un peu moins tenus par les délais. Cela permet de tester des interactions, de nouvelles façons d’accompagner les personnes.
La recherche du naturel et de l’esthétique est toujours présente. Mettre de l’attention à chaque détail fait aussi partie de mon approche pour ces séances.
Comment s’organise une journée type de mariage avec toi ? À partir de quel moment interviens-tu ?
Après la signature du contrat, je reste en contact avec les futurs mariés que ce soit par des échanges de messages, de mails. Nous fixons un rdv en visio ou sur le lieu de réception, environ 1 mois avant le jour J, pour faire le point sur le déroulement de la journée.
S’il n’y a pas de wedding planner, j’accompagne les couples pour optimiser leur journée, éviter les temps morts, choisir le meilleur moment pour la/les cérémonie(s), les photos de groupe/couple.
Le jour J, je peux accompagner les futurs mariés dès les préparatifs, jusqu’à la soirée dansante, c’est à dire après l’ouverture du bal et le dessert. Généralement, je fais des reportages photo de 10h à 13h de présence.
Niveau post-production, quel est ton style de retouche ? Plutôt naturel ou avec une signature plus marquée ?
J’ai un style naturel et lumineux. J’ai volontairement évité de choisir un style trop marqué, j’avais peur de m’en lasser au fil des années. De plus, je ne suis pas fan des “effets de mode”. J’aime la simplicité, l’authenticité.
Chaque image est optimisée : cadrage, lumière, ombre, exposition. Je ne retouche pas le physique. A la limite, je vais enlever un bouton disgracieux (acné par ex), une égratignure, ou des détails tels qu’un poteau électrique, une tache sur un vêtement.
Les photos sont majoritairement en couleurs et temps à autre, je mets du noir et blanc. Ce traitement souligne les émotions et rend la photo intemporelle.


As-tu déjà vécu des moments complètement inattendus lors de mariages qui t’ont marquée ?
Sur un de mes derniers mariages, la mariée a radicalement changé de look. Elle a coupé ses cheveux en carré, mis une robe blanche style patineuse. Son chéri s’attendait à avoir une surprise, il n’a pas été déçu ! Elle était vraiment magnifique.
C’est la rapidité d’exécution du coiffeur et l’euphorie autour de ce moment (c’était vraiment palpable) qui m’ont le plus marquée. C’était la 2e fois qu’une mariée changeait radicalement de look. Cette fois-ci, l’ambiance était vraiment différente, électrique, complètement folle et unique.
La Provence attire beaucoup de couples d’ailleurs. Comment adaptes-tu ton travail aux mariages « destination » ?
La Provence et le Var attirent beaucoup de couples qui viennent de loin, de France ou de l’étranger. Ils choisissent vraiment cette région pour ses paysages et sa lumière. Je fais en sorte de leur simplifier la vie au maximum : beaucoup d’échanges en amont, repérages, conseils sur les horaires et les lieux, et bien sûr, je révise mon anglais quand il le faut.
Au final, que les mariés soient locaux ou qu’ils viennent des Pays‑Bas, d’Allemagne ou d’ailleurs, ma priorité reste la même : comprendre profondément leurs envies pour leur créer des souvenirs vrais de leur mariage en Provence.
Si tu devais donner trois conseils à un couple qui prépare son mariage dans le Var, lesquels seraient-ils ?
- Privilégiez le printemps (mai/mi-juin) et l’automne (septembre/octobre) pour éviter au maximum les fortes chaleurs, tout en prévoyant un plan B en cas de météo capricieuse.
- Choisissez des prestataires avec lesquels le feeling passe bien et pas seulement en fonction des prix, même si c’est un critère important.
- Faites vous plaisir ! Ne cherchez pas l’approbation des parents, etc. C’est votre journée, il faut qu’elle vous ressemble.


Tes débuts en photographie : premier appareil, première photo qui t’a donné des frissons ?
J’ai commencé avec mon Canon EOS 7D avec beaucoup de photos de paysages. Je dirai que la photo qui m’a donné des frissons c’est une photo des mains de ma grand-mère qui coupe une grappe de raisin.
A la prise de vue, je voulais juste me souvenir des dernières vendanges de ma mamie, elle avait env. 80 ans à ce moment-là. Au post-traitement, j’ai tenté le noir et blanc, cela lui a donné une toute autre dimension.
C’est souvent au moment du post traitement, loin de l’euphorie et la tension du jour J que je prends conscience de l’impact émotionnel d’une photo. D’ailleurs, je passe souvent du rires aux larmes quand je travaille sur les photos d’un mariage ou d’une séance.
Hors photographie, qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?
Je lis beaucoup (romans et développement personnel), j’ai repris le sport. Je regarde des films/séries. J’aime aussi me balader dans la nature, trouver de nouveaux spots pour des séances en extérieur.
J’aime aussi voir des expos, j’ai eu la chance d’admirer le travail de Sebastiao Salgado (Avignon), Elliot Erwitt (Toscane, Italie) et Steve McCurry (Nice).
As-tu des projets personnels en cours ? Des envies d’explorer d’autres univers photographiques ?
Depuis 2021, j’aide mon père à entretenir la petite exploitation familiale de vignes. Si je participe aux vendanges depuis mon adolescence, c’est après le décès de mon grand-père que j’ai eu envie d’être plus impliquée.
Mon regard sur la vie en général a beaucoup changé depuis sa disparition. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon équilibre entre les vignes, une activité qui m’aide à m’ancrer et la photographie, qui permet à ma sensibilité et ma créativité de s’exprimer.
Je prépare une expo sur le travail de la vigne. Ce sera entièrement en noir et blanc, un style naturel, lumineux. J’ai commencé il y a une dizaine d’années, simplement pour la mémoire familiale. Plus récemment, j’ai eu envie de faire découvrir ce métier avec un regard artistique, vrai.
Travailler avec le vivant est ce qu’il y a de plus difficile. C’est la Nature qui décide. J’ai envie de rendre hommage à celles et ceux qui exercent ce métier.
Comment vois-tu l’évolution du métier de photographe de mariage ces dernières années ?
L’IA prend de plus en plus de place. Bien utilisée, elle peut rendre service en réduisant le temps de post production. Cela nous permet de pouvoir accompagner plus de couples et familles, se concentrer sur la prise de vues et l’approche humaine.
Je crains malheureusement les abus et les dérives.
Je remarque aussi que de nombreux photographes tirent le marché et le métier vers le bas en proposant des tarifs au rabais et un travail photo vraiment déplorable.
Je n’ai pas encore eu le cas, mais des photographes peu scrupuleux laissent parfois tomber leurs clients pour des prestations plus grosses. Les malheureux se retrouvent ainsi sans photos d’un des jours les plus importants de leur vie. Je trouve ça vraiment inadmissible.


Si tu pouvais photographier le mariage de tes rêves, à quoi ressemblerait-il ?
J’ai deux mariages de mes rêves, dans des styles radicalement différents :
- Un elopement dans les majestueuses forêts de sapins, en montagne. Juste les mariés, 2 témoins et un.e officiant.e. pour un échange de voeux en toute intimité. Une très jolie table dressée dans la nature avec juste quelques végétaux, des bougies. Un côté nature sauvage, intimiste et minimaliste.
- Un mariage dans un magnifique domaine en Toscane, une décoration élégante et raffinée, un cocktail au milieu des oliviers, un espace repas avec de belles tablées pour réunir famille et amis. Et bien sûr, une décoration qui sent bon l’élégance à l’Italienne mêlée à la joie de vivre.
Une anecdote rigolote ou touchante qui résume bien ton métier ?
C’était en octobre 2024, ma prestation se terminait après l’entrée en salle des mariés. Comme à chaque fin de prestation, je vais dire au revoir aux collègues prestataires, aux personnes avec lesquelles j’ai le plus échangé pendant la journée et je termine par les mariés.
Au moment où je leur dis au revoir, une proche des mariés assise à la table d’honneur a crié “Et pour la photographe hip hip hip!” toute l’assemblée a scandé “hourra” à 3 reprises !
C’était ma dernière prestation de l’année, je suis restée bouché bée, les larmes aux yeux. Mon petit coeur de photographe a fondu de bonheur et de reconnaissance.
Quels sont tes projets pour les mois à venir ? De nouvelles envies, de nouveaux défis ?
Dans la continuité de l’expo sur le travail de la vigne, j’aimerais aussi proposer des reportages photo pour des pros de l’agriculture (viticulture, apiculture notamment).
J’aime beaucoup mettre en valeur les savoir-faire, les métiers manuels. Autre défi : parler anglais plus couramment comme lorsque j’étais au lycée !



Merci à Nathalie d’avoir pris le temps de se présenter, de partager sa passion et de répondre à toutes ces questions.
Vous préparez un mariage dans le Var ou en Provence et vous recherchez une photographe de mariage dans le Var, discrète, bienveillante et attachée aux mariages intimes ?
Découvrez son univers et ses reportages sur son site : Nathalie Nencioni, photographe de mariage dans le Var & en Provence.
À propos de Nathalie Nencioni
Nathalie est photographe de mariage dans le Var et en Provence. Basée aux Arcs‑sur‑Argens, elle accompagne des couples qui n’aiment pas forcément poser, mais qui souhaitent des souvenirs sincères, lumineux et intemporels de leur journée. Elle privilégie les mariages intimes, chaleureux, dans les domaines, villages et paysages naturels du Var.


